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Jean-Paul Fournier

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Point de vue

Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 16:35

Les semaines passent, les mauvais chiffres s’amoncellent, la France s’enfonce un peu plus dans une crise que le pouvoir ne semble pas pouvoir freiner. Pis encore, l’action publique menée par François HOLLANDE est bien l’une des causes de cet emballement sans précédent de l’économie française vers le gouffre. Tous les voyants sont au rouge : pouvoir d’achat en baisse comme jamais et officialisation de la récession, c'est-à-dire deux trimestres consécutifs de croissance négative. A cela s’ajoute l’explosion du chômage et le non respect des engagements européens du pays en matière de déficit et donc de dette publique. C’est dans cette atmosphère très lourde que le Président de la République va défendre sa politique économique à Bruxelles et négocier un sursis devant la Commission européenne.

 

En allant de la sorte faire « amende honorable », François HOLLANDE démontre la fragilité de son équation économique. Certes, la situation mondiale n’est pas aisée, l’équilibre entre baisse des déficits et maintien de la croissance est subtil. Mais il est clair désormais que la politique orchestrée par le Chef de l’Etat n’est pas la bonne. Il doit en changer, l’annoncer devant la Commission européenne et l’expliquer demain, durant sa conférence de presse. La seule issue pour la France, se sont les réformes de structures et la mise en place d’une réelle politique de compétitivité, avec en ligne de mire les entreprises et donc l’emploi, rien que l’emploi, toujours l’emploi. Cette obsession doit faire consensus. Sans quoi, notre pays pourrait se voir dicter à terme son action publique, à l’instar des pays, comme la Grèce, qui n’ont pas voulu voir les réalités en face. Le chiffon rouge du soit disant héritage doit être remisé au placard. Sur ses engagements de campagne, il faut que François HOLLANDE mange son chapeau et aille à Canossa, pour enfin réorienter sa politique dans le sens de l’intérêt de tous les Français.

Par jean-paul fournier - Publié dans : Point de vue
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 14:14

Les nouvelles orientations de la politique de défense qui viennent d'être rendues publiques ont été, ce qui peut paraître normal, présentées par le Président de la République d'une manière très encourageante. La réalité est quelque peu différente. Certes, le budget de 31,4 milliards d’euros est maintenu ; certes, il n’y a pas de volonté  affichée de  réduire de façon radicale les ambitions françaises ; certes, la cyber-guerre bénéficiera d’une attention particulière, les drones et les services de renseignements d’un effort significatif…

 

Mais  à quoi sert-il d’être mieux renseigné si l’on ne peut agir ? La mise à la diète de l’armée, qui devra supprimer 24 000 postes, d’ici à 2019 laisse, à ce titre, songeur. Chacun le sait, le livre blanc n’est qu’une première étape. La plus importante, celle qui réalise les arbitrages définitifs, c’est la Loi de Programmation militaire prévue pour l’automne 2013. C’est pourquoi, avec mes collègues de la Commission de la défense et des affaires étrangères, je serai particulièrement vigilant à ce que la transcription des orientations du livre blanc soit intégralement respectée.

 

Faut-il le préciser, ce qui est en jeu n’est ni plus ni moins que le décrochage  définitif de notre armée déjà contrainte à outrance dans son format et ses capacités. Or il en va de notre sécurité, de notre rôle global dans un monde que seuls des gouvernants naïfs ou cyniques peuvent croire moins dangereux aujourd’hui qu’hier.

Par jean-paul fournier - Publié dans : Point de vue
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Jeudi 25 avril 2013 4 25 /04 /Avr /2013 09:17

Dans le maelstrom des annonces du Ministre de l’Education, qu’il dénomme pompeusement sous le sobriquet de « refondation de l’école », une mesure semble avoir un certain intérêt. En effet, l’idée d’instituer des séances d’enseignement moral et civique dans l’école de la Nation, si elle n’est pas un gadget, est plutôt bonne.

 

Je pense sincèrement que transmettre certaines valeurs fondamentales, de manière officielle, en complément des actions déjà réalisées par les enseignants, peut donner de nouveaux atouts aux élèves, notamment ceux issus d’un cadre familial fragilisé. Il est primordial de redonner du sens aux idées de solidarité, de liberté de conscience, de tolérance, d’acceptation de la différence, mais aussi et surtout d’autorité, d’effort et de travail. Cette démarche est d’autant plus importante que dans certains quartiers de la République, les principes même d’égalité, notamment homme/femme, s’estompent.       

 

Toutefois, pour être tout à fait efficace, cette démarche devra se faire de manière encadrée, pour éviter toute dérive. J’ajoute qu’elle ne devra pas pour autant fragiliser l’apprentissage des savoirs fondamentaux, comme celui de la langue française ou de notre histoire commune, dont l’étude permet de comprendre les combats, qui ont donné du sens à nos valeurs.  

Par jean-paul fournier - Publié dans : Point de vue
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Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 15:44

Il est indéniable que notre Nation, vieille de 2000 ans d’Histoire, a, pour réussir, de nombreux atouts. Sa langue est l’un de ces avantages qui font sa force. Langue maternelle de près de 300 millions de personnes sur la planète, parlée sur les 5 continents, le Français fait partie des 5 langues officielles de l’ONU et des langues de travail de toutes les instances internationales. Mieux encore : certains spécialistes prédisent, en parallèle de l’explosion démographique de l’Afrique, que les francophones seraient entre 800 millions et 1 milliards à l’horizon 2050.

 

C’est dans ce contexte que le Gouvernement souhaite faire évoluer le code de l’Education, pour permettre l’emploi des langues étrangères dans l’enseignement supérieur. Pour être clair, le projet de loi, bientôt en discussion au Parlement, n’a qu’un seul objectif, permettre des cours en anglais. Si je comprends tout à fait que nos Universités, dont certaines sont les plus anciennes au Monde et d’autres, comme celle de Nîmes, plus récentes, doivent impérativement s’ouvrir vers l’extérieur, je doute fort que cette mesure valorise l’enseignement supérieur en France. Je reste intimement persuadé que dans un contexte de concurrence internationale, la langue française est l’un de nos meilleures cartes à jouer. Elle est même aux yeux du monde, souvent synonyme d’excellence, pour notamment une certaine élite étudiante (philosophie, mathématiques ou histoire). 

 

Généraliser des cours proposés dans un anglais médiocre et globalisé, ne ferait, à mon sens, que niveler par le bas l’enseignement. Nos universités, n’en déplaise au très contesté classement de Shanghai, restent attractives. Avec la réforme des Universités, qui a autonomisé leurs fonctionnements, le plan de relance du précédent Gouvernement ou la mise en place de véritables pôles d’excellence universitaire, cette attractivité est en train d’être renforcée.               

 

Malgré les doutes de certains, je pense que la France reste une grande Nation. Elle a toujours quelque chose à dire au Monde. Ce quelque chose, elle doit le dire dans sa langue, la langue de la République, le Français. Son indépendance diplomatique, militaire, mais aussi intellectuelle, n’est pas négociable.   

Par jean-paul fournier - Publié dans : Point de vue
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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 06:00

Le gouvernement socialiste avait institué, à juste titre, un Haut Conseil des Finances publiques, pour établir, de manière objective, les prévisions de croissance de la France, afin de préparer au mieux le budget de la Nation. Cette instance, dirigée par le 1er Président de la Cour des Comptes, Didier MIGAUD dont on connait, malgré son engagement politique, l’impartialité, prévoit une récession dès cette année. Cette prévision est à l’unisson des grandes instances, à l’instar du FMI de Christine LAGARDE. Pourtant, le Ministre de l’Economie nie l’évidence et refuse de revoir en profondeur son budget. Non seulement cet entêtement fragilise notre parole européenne d’engagement de réduction des déficits, mais elle laisse présager une nouvelle vague de hausse massive des impôts, qui va fatalement à nouveau fragiliser l’activité.    

 

Aujourd’hui, la Nation est à un moment critique. Les risques de décroissance, qui ont pour conséquence direct d’appauvrir chaque jour un peu plus les Françaises et les Français, signe la mort annoncée de centaine d’entreprises et donc la destruction de très nombreux emplois. Cette situation intenable est, il faut être honnête, une conséquence du grave malaise économique de l’Europe. Mais je reste toutefois persuadé que la politique menée par le Président de la République favorise pleinement ce déclin. L’adition des cadeaux fait à son électorat, dont certain étaient précipités et d’autre, comme la fin du jour de carence pour les fonctionnaires, totalement injustifiés, liée à un refus de s’attaquer à des réformes de structure et donc à la dépense, tout en maintenant l’objectif de réduction des déficits, a été suicidaire. Ce cap n’a eu qu’une conséquence, l’augmentation du taux d’imposition pesant sur les ménages, d’où la baisse, pour la première fois depuis 1983, du pouvoir d’achat, mais aussi et surtout celui des entreprises. Jamais le taux de prélèvement obligatoire n’avait atteint ce sommet. 

 

Le pragmatisme en politique est bon conseiller. Il est grand temps que François HOLLANDE devienne audacieux. Il faut qu’il transforme en profondeur son logiciel de gouvernement et sorte le pays de cette spirale infernale qui nous enfonce, tous les jours un peu plus, dans un crépuscule économique de plus en plus inquiétant. L’offre, donc l’entreprise, doit être au centre de nos préoccupations. Pour ma part, je pense indispensable que le gouvernement suive quelques axes clairs :

 

-          respect des engagements européens de réduction des déficits,

-          mise en place de grandes réformes de structure, notamment dans le secteur social,

-          réduction des dépenses de la Nation,

-          gel de l’augmentation des impôts et des taxes, 

-          établissement d’un vrai pacte de compétitivité, comprenant notamment un réel volet de baisse du coût du travail.

 

L’heure est grave, la France dans l’impasse. Nous devons tout faire pour que la croissance et donc la création d’emplois soit favorisée. J’ose espérer que le Chef de l’Etat saura enfin entendre les voix qui lui demandent le changement. Dans le bon sens cette fois-ci.             

Par jean-paul fournier - Publié dans : Point de vue
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