Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 08:44

Damas n’est pas Munich et François HOLLANDE n’est certainement pas Edouard DALADIER, mais force est de reconnaître que l’attitude de la France dans le dossier syrien manque d’ambition. Alors que les Etats-Unis d’Amérique, par la voix de son président, envisage une intervention militaire, que la Turquie évoque la création d’une zone tampon, que la guerre fait rage à Alep, la France, qui préside jusqu'à la fin du mois d’août le Conseil de Sécurité de l’ONU, a brillé par son absence sur le terrain diplomatique.

 

Le voyage du Ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, longtemps présenté comme une riposte sur ce dossier, a fait « pschitt ». On retiendra surtout que le locataire du Quai d’Orsay a mis près de trois jours pour réagir à l’escale, heureusement sans conséquences, dans la capitale syrienne, d’un avion d’Air France, avec à son bord des opposants aux régimes de Bachar El ASSAD.  

 

La guerre civile syrienne est un brasier hautement inflammable. La position de ce pays, au cœur du Proche Orient, la composition ethnique et religieuse de la population, les liens étroits de la Syrie avec la Russie nous empêchent d’avoir la même attitude que devant le problème libyen. Mais entre la prudence, qui doit être de mise, et l’inaction, il semble bien que le gouvernement français ait choisi la deuxième option. Alors qu’en 2011, Nicolas SARKOZY avait mobilisé, avec nos alliés anglais, l’ensemble de la communauté internationale pour parvenir à un accord pour solutionner le conflit en Lybie, François HOLLANDE est resté sagement au fort de Brégançon, peaufinant sa posture de Président normal. Le prestige de sa fonction, qu’il semble parfois un peu oublier, les liens de notre pays avec cette partie du Monde, l’histoire de la présence française au Levant, la grandeur de la France, tout ceci aurait pourtant dû pousser le Chef de l’Etat à rassembler toutes les parties du dossier, à consulter les Chinois et les Russes, à trouver un modus vivendi, à tenter quelque chose.

 

On a beaucoup reproché à Nicolas SARKOZY d’agir en politique étrangère de manière brutale et parfois désordonnée. Certains lui ont même critiqué d’en faire un spectacle permanent pour s’offrir une stature internationale. Ceux-là n’ont certainement pas compris que le Monde a évolué et que face à l’inexorable retrait diplomatique des Etats-Unis, à l’émergence de nouvelles puissances, aux exigences démocratiques moins fortes, la France, avec ses alliés européens, a le devoir de prendre les initiatives. En portant une politique étrangère trop lisse, trop consensuelle, parfois même inexistante, François HOLLANDE ne fait pas honneur à l’héritage français dans ce domaine. Je regrette profondément que l’inertie, l’attentisme et le manque de courage soient devenus l’essence même de l’action diplomatique de la France.

Partager cet article

Repost 0
Published by jean-paul fournier - dans Point de vue
commenter cet article

commentaires

Jean-Paul Fournier