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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:43

L’entretien du Président de la République d’avant-hier soir s’est résumé à un catalogue d’incantations obscures. Les mots de François HOLLANDE n’ont certainement pas rassuré les Français. Je dirais même qu’en apparaissant déconnecté des réalités économiques, le Chef de l’Etat, loin du protecteur qu’il devrait être, a eu des propos anxiogènes pour l’ensemble des Français. La Maison France brûle et celui qui devrait en être le capitaine regarde à côté. Comment comprendre que François HOLLANDE ai mis plus de 4 mois à définir un agenda du redressement, alors même que la crise bien réelle dont souffre la France, l’Europe, le Monde, s’aggrave de jour en jour. Comment accepter que les décisions importantes soient repoussées aux calendes grecques, alors que le pays doit être réformé en profondeur le plus rapidement possible. 

 

Le seul point positif de cette intervention est sans nul doute la prise de conscience, par le Président de la République, de la crise, de sa gravité et de ses conséquences. A l’instar d’un enfant qui découvre que le feu brûle, le premier des Français a enfin compris que les circonstances nécessitaient des décisions graves. Très loin des images détestables de ses vacances normales et de sa mise en scène grotesque, François HOLLANDE a enfin donné un semblant de cap à sa gouvernance.

 

Mais les moyens pour y parvenir ne sont certainement pas à la hauteur. S’en remettre aux partenaires sociaux n’est pas, pour ma part, le meilleur moyen de trouver les remèdes à la crise, notamment en matière d’emploi. Non seulement cette démarche va prendre trop de temps, mais elle dévalorise en quelque sorte l’action du politique, au profit des forces syndicales. Je prends cependant le Président de la République au mot, quand il promet que le chômage devrait baisser d’ici un an et je ne manquerai pas de lui rappeler cet engagement le moment venu.   

 

Et puis que dire de l’annonce de l’augmentation de 20 milliards d’euros des impôts pesant sur les ménages et les entreprises. Certes, cette somme considérable s’est alourdie à cause de la crise. Mais elle est également la conséquence directe des premières décisions prises par la majorité, comme la remise en question de la réforme des retraites, la hausse, même légère, du SMIC, la fin de la franchise pour les titulaires de l’Aide médicale d’Etat, l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire ou la mise en place, prochainement, des emplois jeunes ou des contrats d’avenir. Toutes ces décisions, qui peuvent se justifier dans une période de forte croissance, sont comme de petits boulets budgétaires que le Gouvernement va devoir faire supporter par les contribuables de la classe moyenne.

 

Parallèlement, le Chef de l’Etat, à l’inverse de son prédécesseur Nicolas SARKOZY, refuse toutes réformes de structure, qui apparaissent pourtant indispensables à la baisse, sur le long terme, du déficit et de la dette. La seule annonce concrète, en matière de maîtrise des dépenses, concerne le non remplacement des fonctionnaires, qui va, dans certains ministères, en raison de la promesse de création de 60 000 postes dans l’Education nationale, prendre des proportions très inquiétantes. J’appréhende déjà des évolutions très négatives dans nos Armées, qui n’avaient pas vraiment besoin de ce nouveau traitement de choc.

 

Pour résumer, après des mois d’enfumage, nous commençons à voir peu à peu la politique de François HOLLANDE  se dessiner. « Enfin ! », certains diront. J’ai bien peur que cela soit pour la plus grand malheur de la France.

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Published by jean-paul fournier - dans Point de vue
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Jean-Paul Fournier